En début de journée, c’est la pagaille chez les Républicains. Une lancinante question les agite : comment maintenir l’unité tant les prises de position divergent et fourmillent les déclarations contradictoires ?
Le débat est loin de s’apaiser avec le renoncement définitif d’Alain Juppé à remplacer François Fillon. En milieu de matinée, le maire de Bordeaux fustige « l’obstination » de François Fillon « dans l’impasse en raison de son système de défense fondé sur la dénonciation d’un prétendu complot et d’une volonté d’assassinat politique ». Le sage bordelais ne sera pas candidat dans un panorama qu’il décrit : « une gauche déboussolée, un FN qui conduit au désastre, un Emmanuel Macron dont l’immaturité politique et la légèreté du projet ne pourront faire toujours illusion, quant à nous, la droite et le centre quel gâchis ! ».
Nicolas Sarkozy en coulisse
Éliminé au premier tour de la primaire de la droite et du centre, l’ex Président de la République est devenu le recours vers lequel convergent toutes les demandes de conseils, de décisions ou d’analyses concernant cette campagne présidentielle compliquée par l’affaire Fillon. En coulisses il est à la manœuvre et pousse son poulain François Baroin. Consulté à plusieurs reprises par François Fillon, par Alain Juppé, par Gérard Larcher le président du Sénat, ou encore par Bernard Accoyer, le secrétaire général des Républicains, devant la réussite du rassemblement au Trocadéro, même si les Fillonistes ont démesurément gonflé les chiffres des présents, l’ex Président de la République est sorti de sa position de conseiller de l’ombre pour faire une déclaration officielle.
Par un communiqué de presse, Nicolas Sarkozy propose, ce lundi 6 mars, à François Fillon et Alain Juppé de se rencontrer « pour trouver une voie de sortie digne et crédible à une situation qui ne peut plus durer et crée un trouble profond malaise chez les Français ». Il ne cache pas que « le plus difficile sera de se mettre d’accord sur une procédure pour remplacer l’actuel candidat. Il ne nous reste pas plus de quinze jours, après, cela sera trop tard. La ligne politique de Fillon est la bonne mais ce dernier ne peut plus assurer l’unité de la famille politique de la droite », reconnait-il en songeant à François Baroin présent au Trocadéro poussé en avant par une partie des Sarkozistes et par Nicolas Sarkozy lui-même. Pas assez pour perturber le « candidat du peuple ».
Fini les plans B
Un comité politique des Républicains se tient en fin d’après-midi pour examiner la situation en présence de François Fillon et trouver une solution. Avant qu’il s’ouvre, le candidat controversé publie un communiqué dans lequel il affirme : « il n’y a pas de plan B » et il exhorte ses troupes « à se rassembler derrière sa candidature ».
Dès lors il est clair que le vainqueur de la primaire n’envisage pas de se retirer. À la sortie du comité, Gérard Larcher au nom de l’ensemble des participants et de son parti déclare qu’il y a unanimité du comité politique derrière François Fillon : « le débat est clos. Il faut maintenant se rassembler. Les sondages sont mauvais. Il y a beaucoup à faire » et sans doute un ticket Fillon- Baroin (l’œil de Nicolas Sarkozy) qui se met en place pour assurer l’unité des Républicains. Le candidat François Fillon l’a emporté et tiendra meeting, comme prévu, au Zénith d’Orléans le 7 mars à 19h.
F.C.