Faut-il réserver sa soirée du mardi 7 mars prochain à 19h pour aller voir François Fillon au Zénith d’Orléans ? Si la date est réservée, le candidat L.R. à l’élection présidentielle n’est pas, à l’heure où l’on écrit ces lignes, à son « zénith » personnel, empêtré dans les affaires, les défections dans son propre camp et les retournements de situation quasiment toutes les heures. Rien n’est sûr, sauf l’incertain…
Mardi dernier (28 février) Stéphane Fautrat, secrétaire départemental des Républicains a jeté un pavé dans la mare loirétaine du parti de droite, en annonçant qu’il se mettait en retrait de ses fonctions. Mais pas de sa candidature aux élections législatives dans la 6e circonscription du Loiret. « Quoiqu’il arrive, je serai candidat aux législatives », martèle-t-il aujourd’hui vendredi 3 mars. Il exprime ce que beaucoup constatent aujourd’hui : « vous arrivez à voir quelque chose d’officiel chez Les Républicains vous ? Mercredi matin (1er mars), Bernard Accoyer dit : l’accord entre L.R et l’UDI est conclu. À midi, François Fillon fait sa conférence de presse. En fin d’après-midi l’UDI annonce qu’elle suspend sa campagne en sa faveur ».
“Cuisine politique et logiques partisanes”

Stéphane Fautrat.
Stéphane Fautrat a été investi officiellement le 7 juin 2016 par la CNI (Commission nationale d’investitures) de L.R comme candidat aux législatives dans la 6e circonscription du Loiret. Or Alexandrine Leclerc (UDI, maire-adjointe d’Orléans et conseillère départementale) est aussi candidate. Mais qui peut dire aujourd’hui si cela tient toujours ? « J’attends la prise de position d’A. Leclerc, or sa campagne devait démarrer ce vendredi matin », dit encore Stéphane Fautrat. Mais finalement ce lancement est pour le moment suspendu. « Je suis un candidat homme libre, non estampillé. Mon chemin est clair. Je ne cautionne pas ce qui se passe actuellement, ça ne me plaît pas, c’est détestable. Moi je veux être parlementaire pour travailler pour les Français ».
Ira-t-il quand même au Zénith d’Orléans mardi prochain ? « Je vous le dis : je ne cautionne pas. On ferait mieux de s’occuper des problèmes des gens. Il y a en France 140.000 sans abris, 6 millions de personnes sans emplois. Moi, c’est ça mon sujet. Mon sujet c’est de m’intéresser à la vie des gens, être un parlementaire de terrain, issu de la société civile, je crois d’ailleurs que c’est plutôt ça qu’on attend en France. Alors non, je n’irai pas mardi soir au Zénith », ajoute-t-il, dénonçant ce qu’il nomme « la cuisine politique et les logiques partisanes ».
F.Sabourin.
Quid du plan B ? Et comment le financer ?En novembre dernier, la primaire de la droite et du centre – dont il fallait s’acquitter de 2 € pour voter – a rapporté 16 M€. François Fillon a empoché
9,5 M€ pour la campagne du candidat officiel désigné. Aujourd’hui, à l’heure où ses soutiens le lâchent les uns après les autres – mais un socle d’électeurs et de militants de droite conséquent continue de le soutenir vaille que vaille – certains le pressent de se retirer, tant qu’il est (peut-être) encore temps. Mais François Fillon débranché, quid des millions (ou de ce qu’il en reste) ?
« C’est pas le tout de dire qu’il y aurait un plan B avec Baroin, Juppé ou Xavier Bertrand. Comment on finance ? François Fillon peut dire : débrouillez-vous désormais ! » explique un proche des Républicains.