Depuis que le candidat à la présidentielle d’En Marche ! a lancé un appel aux candidatures pour les législatives de juin, une procédure a été mise en place par le mouvement pour que tous ceux qui le souhaitent puissent déposer en ligne leur candidature. Bien qu’Emmanuel Macron n’entende pas communiquer sur les chiffres, selon plusieurs sources, il y aurait déjà entre 6.000 et 7.000 prétendants au poste de 577 députés.
Recalés des autres partis, opportunistes de tous bords, doux rêveurs, responsables associatifs, quidams en manque de reconnaissance ont saisi l’occasion. Un vrai casse-tête pour la commission d’investiture que préside l’ancien ministre chiraquien et ancien président du Conseil économique, social et environnemental (CESE) Jean-Paul Delevoye : elle va devoir faire le tri. Un premier écrémage aurait déjà eu lieu. « Pour les faire redescendre sur terre, je demande s’ils sont capables de trouver 30.000 euros pour financer leur campagne et s’ils sont prêts à y consacrer trois mois de leur vie », explique l’un des neufs membres de la commission qui se sont réunis pour la première fois jeudi. Cinq sont issus de la gauche, un de la droite, une autre du centre et deux de la société civile. Aucun n’est candidat.
Des remous et beaucoup de flou
Emmanuel Macron a posé quelques conditions préalables à ces candidatures. Il faut avoir un casier judiciaire vierge et n’avoir jamais été condamné à une peine d’inéligibilité. Il veut la parité, le renouvellement (la moitié doit venir de la société civile, de la vie active), un pluralisme politique et la cohérence, autrement dit la quadrature du cercle qu’il entend dépasser en faisant signer à chacun des candidats d’En Marche ! un contrat avec lui et « avec la nation. Il n’y aura pas de frondeur », assure-t-il.
Les 577 candidats seront sélectionnés dans les semaines à venir par vagues jusque dans le courant mai. Emmanuel Macron souhaite garder le contrôle de son mouvement aussi, bien qu’il affirme ne pas vouloir gérer ce dossier, il garde un œil dessus et continue à professer qu’il veut « faire émerger des personnalités engagées et talentueuses ». Au sein même d’En Marche ! on se demande si beaucoup de candidats seront recrutés par la procédure Internet et si, pour finir, la majorité des postulants n’aura pas un profil classique.
F.C.