“Je ne vois pas d’autre solution que de le soutenir“, c’est de François Fillon dont il est question et c’est Charles-Éric Lemaignen qui s’exprime. Comme tous les grands élus LR, le président de l’agglomération d’Orléans – bientôt métropole – réitère son soutien à François Fillon.

Charles-Éric Lemaignen, le prétendant et Olivier Carré, le sortant.
Lui qui était à l’origine dans le camp Alain Juppé se veut “loyal par rapport à (ses) engagements” , de se ranger dans le camps du vainqueur, “quoi qu’il arrive“. Alors Charles-Éric Lemaignen l’admet: “le penelopegate “a troublé et je l’ai été aussi”, et il concède que le candidat de la droite et du centre “n’est pas un saint”, il dit ne pas “avoir d’état d’âme à le soutenir”, car dit-il aussi, “la présomption d’innocence est un élément fondamental”.
Annoncer aujourd’hui sa candidature aux législatives en pleine tempête n’est pas une sinécure pour un candidat L.R. D’ailleurs, Charles-Éric Lemaignen a été contraint de décaler un peu cette annonce, le temps que les plus grosses vagues soient passées. Pour le patron de l’agglo, « il faut arrêter l’acharnement juridico-médiatique, on a trop parlé de problème de personne, les Français ont été privés du fond, de l’alternance que propose le programme de François Fillon ».
Ne pas revivre 2012

Les trois têtes de l’exécutif de l’agglomération, Charles-Éric Lemaignen, Olivier Carré et Serge Grouard.
Battu en 2012 sur la sixième circonscription, Charles-Éric Lemaignen n’est pas seulement en butte à des secousses nationales de « son » candidat à l’Élysée, sa légitimité à se présenter sur la première circonscription est aussi remise en cause. « J’ai été investi en juin et confirmé le 14 janvier » par la CNI (Commission nationale d’investiture) de L.R. et il ajoute « après négociations avec l’UDI…Je ne veux pas revivre ce qui s’est passé en 2012 », allusion à sa défaite sur la 6e, due en partie à la « primaire » sauvage avec Florent Montillot (UDI). « Je suis le candidat naturel des Républicains et de l’UDI » répète le candidat.
Charles-Éric Lemaignen a choisi Olivier Carré, le député sortant de la 1ère comme président de son comité de soutien. C’est dire s’ils assument, lui et le maire d’Orléans, le passage de témoin, Olivier Carré « laissant » son siège à Charles-Éric Lemaignen –si les électeurs le choisissent et Olivier Carré devenant début juillet président de l’agglo devenue métropole. Olivier Carré ajoute qu’il l’avait annoncé dès 2015 et qu’il n’y a pas lieu de s’en étonner aujourd’hui.
Toute dissidence serait dramatique

Thierry Cousin (LR), maire de Saint-Pryvé, le dissident.
« Petits arrangements entre amis » voire « magouilles », ont estimé certains et en particulier Thierry Cousin, le maire L.R. de Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, qui pour l’instant maintient sa candidature sur la 1ère. « Je peux comprendre l’amertume de ceux qui n’ont pas été choisis » répond Charles-Éric Lemaignen et il prévient : à l’aune de l’affaire Fillon, « nous pouvions penser que nous avions un boulevard… Aujourd’hui toute dissidence serait dramatique ». Celle de Thierry Cousin, mais aussi une éventuelle candidature de Nathalie Kerrien (UDI), adjointe au maire d’Orléans, mais qui a rejoint Emmanuel Macron. « Elle ne se présentera pas », martèle Olivier Carré qui a récemment resserré les boulons de son équipe municipale. « C’est aussi valable sur la 6e et la 2e ». Qu’on se le dise…
Sans parler du Front national qui engrange sans rien dire les dividendes de l’affaire Fillon et dont les candidats, même spécialistes de l’élevage caprin, présentent partout un danger pour la droite. Quant aux « arrangements » Olivier Carré réplique, « lorsqu’on se bouffe le nez on nous le reproche », alors que là les deux hommes ont décidé de gérer la transmission de façon « intelligente ».
“Je n’emploierai personne de ma famille”

Cette légitimité revendiqué par Charles-Éric Lemaignen, il l’a tient surtout de ses compétences indéniables acquises tour à tour comme DGS (Directeur des services de la Région), puis comme conseiller régional, président de l’agglo. Compétences que ses pairs lui reconnaissent volontiers puisque depuis 2014, il est président de l’Assemblée des communautés de France (ADCF).
Cela suffira t-il aux électeurs de base de la 1ère circonscription ? Déjà il promet de se « consacrer à plein temps à mon mandat de député, il sera le week-end dans sa circonscription, il détaillera son IRFM (Indemnité représentative de frais de mandat), prévoit de dépenser 40 à 45.000 € pour sa campagne”, et précise t-il dans un sourire, «je n’emploierai personne de ma famille ».
Ceux qui restent dans le flou…
Quant à son programme de mandature, Charles-Éric Lemaignen le détaille sous quatre grands chapitres, calqué sur celui de François Fillon, d’abord l’emploi, puis « la sécurité et l’immigration » (sic), l’école et l’équilibre du territoire. Sur le premier point il parle de « libérer l’économie française de ses boulets », et à l’image du crédo de François Fillon, « dire avant ce que l’on va faire ». Et de condamner, allusion sans ambiguïté à Emmanuel Macron, « ceux qui restent dans le flou… c’est qu’il y a un loup ».

Maël de Calan et Mathieu Schlesinger.
Au sein de l’équipe rapprochée de Charles-Éric Lemaignen, des maires ou conseillers municipaux de l’agglo figurent en bonne place, comme la famille Schlesinger, Daniel le père et Matthieu le fils, maire d’Olivet, Alain Foulquier le patron de Force motrice (agence de communication), assurera la communication et Isabelle Mercier sa chef de cabinet à l’agglomération qui dès le 1er avril, en disponibilité de son poste, sera la cheville ouvrière de sa campagne. Et s’il est élu, elle deviendra sa collaboratrice à l’Assemblée, là encore il précise bien, « et elle n’est pas de ma famille ». En se gardant bien d’ajouter qu’elle, elle travaillera vraiment…
Ch.B.
Olivier Carré a bien été approché par Emmanuel Macron

Emmanuel Macron et Olivier Carré avec la Jeanne 2016.
Olivier Carré (L.R.) l’a admis vendredi, il a bien été sollicité par Emmanuel Macron pour le rejoindre. Proche amicalement de l’ancien ministre de l’Économie qu’il a invité à présider les fêtes de Jeanne d’Arc en mai 2016 avec le succès que l’on sait, Olivier Carré a trouvé de l’intérêt et a “suivi” cette démarche qui a consisté “à ramener la société civile” vers la politique. Il n’a pas été insensible aussi à “un effet générationnel où je me suis retrouvé au début”. Puis, sans donner de date précise, Olivier Carré s’est mis à douter de la sincérité de la démarche de Macron qui maintenant, selon lui, ne récupère que les “déçus de la droite et de la gauche“, et surtout qu’il soupçonne d’être “piloté par François Hollande, on en voit des signes supplémentaires tous les jours”. Sans parler de “l’opacité sur le financement de sa campagne”.