
Depuis qu’elles ont abandonné le clavier des Japy et des Remington, machines à écrire de légende, les « secrétaire » sont devenus des “assistantes”. Déjà secrétaire, elles faisaient partie des meubles, on pouvait confondre avec du mobilier, ces couteaux suisses du patron qui faisaient aussi le café et arrosaient les plantes. Assistante c’est plus gratifiant, et le patron des patrons, un progressiste, vient de monter au créneau pour valoriser encore plus ces salariées.
« Les salaires des assistantes du privé doivent être alignées sur ceux du public », lance Pierre Gataz, le président du MEDEF, qui demande un salaire minimum de 7 900 euros brut. C’est le salaire touché par Penelope Fillon, lorsqu’elle était assistante parlementaire du suppléant de son mari, Marc Joulaud, en 2006. “Nos assistantes en ont été toutes retournées, lorsqu’elles ont appris le salaire de cette assistante parlementaire de la Sarthe“, a ajouté PIerre Gattaz.
François Fillon lui-même est d’ailleurs favorable à un alignement, cette fois en sens inverse, du calcul des cotisations pour la retraite, entre le public et le privé. Une fois n’est pas coutume, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT est tombé d’accord avec Pierre Gattaz pour élargir ce salaire minimum de 7 900€ au privé. « Nous refusons l’assistanat façon revenu universel » a martelé Philippe Martinez, allusion à la mesure prônée par Benoit Hamon, « et tant qu’à ne rien faire, mieux vaut une salariée à 7 900€ qu’à 800 ». Le bon sens.
Le Goracentre
