Par Joao DORANDAO
Cette fois, c’est la bonne. Cette fois, les Jeux Olympiques de 2024 se tiendront à Paris, la plus prestigieuse cité d’Europe, du monde, de l’univers.
Oublié le fiasco de 2005, quand la candidature parisienne portée par un Chirac sur le déclin a échoué face à la perfide Albion. Persuadé que sa bonhommie de façade et ses relations privilégiées avec certains chefs d’Etat, notamment africains, permettrait à Paris d’emporter la mise. Chirac s’était fait berner par plus filou que lui, en l’occurrence, Tony Blair. Le premier ministre britannique s’était fait fort de distribuer des valises de billet à tour de bras, technique beaucoup plus efficace. Et le président français, pourtant expert dans ce domaine si l’on en croit Jean-Claude Méry, de se trouver gros-jean comme devant.
Mais cette explication prosaïque, non sérieusement contestée par les professionnels de l’olympisme, n’a pas semblé convaincre les porteurs de la candidature « Paris 2024 » : la France de Chirac avait perdu car elle était ringarde, dépassée. Trop Moulin rouge, trop béret-baguette. Trop française, somme toute. Pour convaincre le comité international olympique, c’est en anglais que le comité de candidature a décidé de lancer sa campagne : « Made for sharing » ! La niaiserie crasse des bons sentiments exprimée en globish : Anne Hidalgo et le « villedeparisme » dans toute leur splendeur !
Parlez-vous “globish”
La candidature « Paris 2024 » ne se veut pas française : elle est sans-frontiériste, post-nationale. Elle croit ainsi mieux parler aux peuples du monde, alors que ceux-ci se demandent pourquoi la France fait autant d’efforts pour renier chacune des caractéristiques de son identité. L’Allemagne d’après-guerre qui a cultivé haine de soi et masochisme national vend désormais ses voitures en vantant la « deutsche qualitat ». La Chine développe à marche forcée son réseau d’Instituts Confucius pour promouvoir l’apprentissage du chinois. Partout dans le monde, les peuples expriment leur attachement à leur culture, leur langue, leurs us et coutumes: seule leur préservation garantit la diversité culturelle, les échanges et l’enrichissement mutuel.
Le globish, c’est la langue-monde, celle du consommateur et du technicien ; celle de l’uniformisation culturelle au profit des multinationales et de la culture de masse.
« Dante, Goethe, Chateaubriand, appartiennent à toute l’Europe dans la mesure où ils étaient respectivement et éminemment Italien, Allemand et Français. Ils n’auraient pas beaucoup servi l’Europe s’ils avaient été des apatrides et s’ils avaient pensé, écrit en quelque espéranto ou volapük intégrés » avait dit le Général de Gaulle, dans l’une de ses plus fameuses répliques.
Mais pardon de citer cette vieille baderne, qui n’était pas très cool et n’avait pas le swag …
J.D