Le pire était à craindre pour ce premier débat “régionalisé” de la primaire citoyenne dans le Loiret. Surtout un mardi soir à 20h 30, salle Pellicer à a Source par un temps de chien, avec des “mandataires” récupérés dans l’improvisation, le bide était sinon certain, voire probable.

Valérie Corre au micro pour Vincent Peillon.
Autre écueil que les “vrais candidats” vont éprouver aussi dans les joutes télévisuelles, comment avancer ses idées son programme en évitant de taper sur les “camarades” avec lesquels il faudra bien faire équipe au soir du 29 janvier à l’issue du second tour. Il fallait donc s’attendre à des fleurets non pas mouchetés mais en plastique et à des balles en caoutchouc.
Première bonne surprise pour Nicolas Charnelet, le “monsieur primaire” du Loiret, une centaine de personnes garnissaient la salle Pellicer. Selon un bon connaisseur des choses du PS, il y avait là 70 à 80% de militants du parti, y compris des candidats aux législatives comme Olivier Jouin (1ère circonscription), David Jacquet (2ème), et le reste en sympathisants. Sans oublier les “‘grands élus” comme François Bonneau le président de Région soutien de Manuel Valls, Corinne Leveleux-Teixeira, chef de file de l’opposition à Orléans et Carole Canette à Fleury-les-Aubrais.
Deux candidats orphelins

Une centaine de personne pour le premier débat dans le Loiret.
Alors que l’on dit cette gauche socialiste en déliquescence voire en cours de disparition, les échanges entre les cinq représentants des candidats principaux ont permis d’éclairer les positions des uns et des autres sur différents thèmes comme l’emploi. Pour autant, il ne fallait pas rêver, malgré les appels à la salle deux des concurrents de la primaire, François de Rugy et Jean-Luc Bennahmias, n’ont pas trouvé d’avocat. Et l’ambassadeur de Benoit Hamon, Benjamin Vetelé venait de Blois où le maire, Marc Gricourt et le député Denys Robiliard sont en première ligne en faveur de l’ancien ministre de l’Education. Pour Arnaud Montebourg, c’est Nicolas Lopez, un jeune militant qui s’y est collé en dernière minute, alors que le sénateur Jean-Pierre Sueur soutenait sans surprise Manuel Valls, l’autre parlementaire Valérie Corre, Vincent Peillont et Thierry Mouron, le patron du PRG, Sylvia Pinel, la présidente du mouvement.
Le revenu universel au centre du débat
Solennel et alarmiste Jean-Pierre Sueur a ressorti le spectre de 2002 comme il l’avait fait peu auparavant devant devant la presse avec François Bonneau.
Pour le reste, la fracture entre ceux qui assument le bilan (Valls,Peillon, Pinel) et la “gauche” de la palette de candidats (Montebourg,Peillon), est bien ressortie à travers les argumentaires plutôt bien exposés. “Vincent Peillon occupe la place centrale, il incarne le rassemblement dont nous avons besoin” a dit Valérie Corre. Lancé par Benoit Hamon, l’outsider qui monte si l’on en croit les enquêtes d’opinion (mais faut-il les croire?), c’est le projet de “revenu universel” de 850€ pour tout le monde à partir de 18 ans, seule mesure novatrice pour l’instant au menu de cette primaire, qui a ensuite alimenté les échanges. Une mesure qui couterait 480 milliards d’eurtos selon les experts. “Parce que nous ne reviendrons pas à la croissance des années 80” et qu’il convient de “changer notre rapport au monde du travail” pour Benjamin Vetelé.
Faux, pour l’avocat d’Arnaud Montebourg favorable lui à une politique de la relance, “je ne crois pas que la croissance soit un combat perdu d’avance”, et il préconise aussi une “suspension de la directive sur les travailleurs détachés”. L’emploi, le travail y compris la loi El khomri, sont au cœur de la campagne de la primaire socialiste, on le verra dès le premier débat télévisé jeudi soir. Dans la salle, une intervenante s’est demandé s’il était bien opportun, au nom de l’universalité de donner le revenu universel à Lilianne Bettencourt et à Carlos Ghosn. Une fois réglé cette “broutille” le débat se poursuivra à la télé et pour le Loiret, le Mercredi 18 janvier à 20h30, à Montargis, salle Henriet Rouard, rue Henriet Rouard.
Ch.B