Nouvelle réunion de quartier pour les habitants de l’hyper centre Bourgogne ce mercredi soir, et bien peu de monde pour venir écouter les élues de la ville d’Orléans, Brigitte Ricard et Muriel Chéradame, présenter le projet d’aménagement de ce quartier historique sensible. Il faut dire que cette nouvelle réunion était un copié/collé des précédentes, tant nos élues confondent discussion publique d’un projet d’aménagement et promotion du projet d’un promoteur, en l’occurrence Bouygues Immobilier.
Evidemment la question de l’urbanisme de ce quartier ne sera pas abordée, la densification du quartier imposée à ses habitants étant un point acquis non-négociable, reste la présentation des différents comblements des espaces encore libres en immeubles d’habitation (à l’exception notoire de 300 m² de jardin dont 40 m² (!) de jardin public), constructions que nos élues présentent en reprenant mot à mot le vocabulaire du promoteur, décrivant le “rythme” des façades ou l’utilisation de matériaux nobles en “harmonie” avec le bâti existant, à l’exemple du bâtiment du conseil régional.(!)

“en harmonie avec le bâti existant”
Et quand plusieurs habitants s’interrogent sur le vieillissement prématuré des façades en bois déjà réalisées, Muriel Chéradame nous livre une réponse de l’anthologie de la langue de… bois “Les architectes n’ont pas la même notion du vieillissement que le grand public“. Reste également la question récurrente du stationnement dans un projet d’aménagement qui revoit à la baisse le nombre de places de stationnement, inférieures au nombre d’appartements prévus, dans un secteur piétonnier où le stationnement demeure à juste titre interdit.

Les parements de bois de la résidence pour étudiants rue des Africains
Bien sûr, il fut aussi question du projet de restauration du bâtiment des vinaigreries Dessaux devenant un centre artistique qui devrait dès 2017 s’inscrire dans la biennale d’architecture du Frac . Beau projet qui permettra à Orléans d’exister entre le centre d’Art Contemporain d’Amilly et Centre de Création Contemporaine Olivier Debré de Tours. Reste à réaliser l’intégration de ce projet dans une véritable dynamique artistique du quartier, en lien avec l’église Saint Pierre le Puellier: deux espaces privés destinés en priorité à des activités culturelles selon le promoteur (?), sont ainsi prévus dans la restauration en cours de la Maison Dessaux, en face de l’église devenue lieu d’exposition. On ne pourra finalement que déplorer l’opération incohérente et onéreuse pour le contribuable, de la restauration en médiathèque de la maison historique Pierre du Lys qui semble-t-il, vient de trouver un acquéreur sans qu’il soit précisé à l’assistance par qui et pour quelle activité future.
GP

Médiathèque Pierre du Lys et rue Saint Flou (vinaigreries Dessaux)