Au cœur d’un été culturellement plutôt calme, la ville d’Orléans vient de publier le programme 2016-2017 de la salle Gérard Philipe d’Orléans la Source, pas une présentation publique comme le pratiquent les grands institutions culturelles orléanaises, ni même une conférence de presse, non juste l’envoi par mail d’une copie pdf du programme…
Et quel programme ! A sa lecture, on pourrait croire qu’Orléans la Source n’est habité principalement que par des enfants puisque l’essentiel de l’offre culturelle leur est consacrée soit à peu près quatre vingt pour cent de la programmation théâtrale et musicale. Tant mieux pour eux me direz-vous, mais est-ce bien raisonnable de proposer aux quelques adultes sourciens pour une année de musique un seul concert de Big Band, et en théâtre, trois pièces programmées par l’association ATAO, et trois créations de fin de résidence d’artistes, plus une pièce de la troupe étudiante Bath’art…
Pas un seul concert de l’Orchestre Symphonique d’Orléans (dont le slogan est pourtant “Ma ville, mon orchestre”), pas le moindre spectacle des prestigieuses institutions de la “décentralisation culturelle” dont s’enorgueillit la ville d’Orléans que sont le CADO, le CDN, le CCNO ou la Scène Nationale. Même le festival “Jazz à l’évéché”, pourtant géré par la ville d’Orléans propose chaque année une ouverture à… Olivet mais rien à la Source !
La mairie d’Orléans a pourtant su imposer, depuis deux saisons, à l’ATAO sous la forme d’une quasi punition, d’aller jouer à la salle Gérard Philipe, alors pourquoi ne pas imposer un quota de représentations à la Source pour tous les organismes culturels que l’ensemble des contribuables orléanais subventionnent ? Et pourquoi cette salle de 500 places, sous utilisée, ne serait-elle pas la quatrième salle du Théâtre d’Orléans ? Voilà une idée pour l’audit tant attendu sur le fonctionnement du Théâtre !

Ajoutons que cette programmation qui réserve la salle Gérard Philipe à un public enfants et scolaires sans y être particulièrement adapté, est d’autant plus surprenante que bien peu de spectacles leurs sont par ailleurs proposés au Carré Saint Vincent par ces mêmes institutions qui ont depuis bien longtemps oublié l’action culturelle en direction du jeune public, et quant au seul lieu à Orléans destiné aux enfants, le théâtre du Parc Pasteur géré par la Tortue Magique, il a vu ses subventions considérablement baissées par la ville d’Orléans (voir Magcentre)
Faire défiler le cheval de Jeanne une fois par an dans les rues de la Source est sans doute une louable initiative, mais à l’heure où Orléans se pense comme métropole, il serait temps de concevoir une véritable politique culturelle équilibrée entre le centre d’Orléans et ce quartier-ville qu’est La Source qui compte pourtant une population comparable à Olivet ou Fleury les Aubrais.
Gérard Poitou
*”La ville dont le prince est un enfant” est une pièce de Henri de Montherlant de 1951.