Joli talent. C’est avec Dominique Deverge que Sully K’Bidy, Réunionnais, apprend à Orléans la batterie. Alors qu’il fredonne du Nougaro, son professeur lui dit qu’il devrait ne pas ignorer son grain de voix, cordes sensibles qu’il affirmera plus tard avec les conseils de la chanteuse Lucia Di Carlo. Aujourd’hui il partage avec le public un tour de chant résolument radieux et d’une sensibilité toute naturelle.
Souriant artiste épris de liberté
Au fil des ans, celui qui sera le batteur du groupe reggaee Natty Tuf, chantera le répertoire Nougaro ici et là en compagnie du pianiste David Kozak. Sully, épris de liberté, gentleman grutier de son métier, chauffeur routier pendant quinze ans, délicate personne arrivée à Orléans à l’âge de trente ans et motard depuis toujours par passion, parle de l’homme de Toulouse: “Nougaro, c’est toute mon enfance; je passais des heures et des nuits à écouter ses vinyles et, à cinq six ans, lorsque j’étais malade, ma mère me chantait Cécile. ”
“A La Réunion“, poursuit Sully, qui aime aussi le répertoire de Salvador, “Nougaro est un peu ce que Johnny Hallyday est en métropole”.
Titres connus et moins connus
A présent, Sully, qui souligne avec affection et fierté que Nougaro a rencontré Hélène Nougaro sur
son île, passe la vitesse supérieure en créant un concert en salle de spectacles composé de vingt titres de Nougaro et accompagné par une belle équipe de musiciens: David Kozak, piano, Pascal Thomas, basse, David Sevestre, saxophone, Adrien Chennebault, batterie. Au programme figurent des titres connus tels que “Une petite fille”, “Cécile”, “Toulouse”, “Les Don Juan” et des chansons moins connues tels que “Faire une chanson qui t’aille”, “Clodi Clodo”, etc.
Sully: “Ce fut très dur de choisir car Nougaro, qui m’impressionne toujours autant et qui s’adresse à tout le monde , est une véritable encyclopédie.”

En répétition, avec David Kozak, David Sevestre, Pascal Thomas
Chanter vrai, aimer avec frisson
Et Sully de poursuivre; “Dans ce tour de chant, mon accent créole apporte quelque chose de différent aux chansons ; en vérité, je ne cherche pas à imiter Nougaro; quand je chante je l’ai dans la tête et quand je l’écoute j’ai des frissons.”
Fidèle en amitié, ouvert à tous les arts, Sully aime à donner des coups de chapeau notamment au jazzman Jean-Jacques Taïb qui l’a beaucoup guidé, ainsi qu’au peintre Richard Boutin qu’il apprécie infiniment.
D’une extrême élégance et soucieux d’être en osmose avec son public, Sully ajoute enfin: “Quand je chante, je vois les gens qui sont contents, je n’écoute pas ma voix, je les ressens, tout simplement, pleinement”.
Jean-Dominique Burtin
“L’hommage de La Réunion à Claude Nougaro”,
vendredi 3 avril, 20 h 30,
Maison des arts et de la musique Saint-Marceau, cours Victor Hugo, Orléans.
Places: 10€ (8€ TR). Réservation et renseignement: 06.80.59.29.62.