C’est une demi-session qu’ont tenue jeudi les élus régionaux . « Etait-elle bien nécessaire », se sont demandés de concert deux ténors de l’Assemblée, aux antipodes sur l’échiquier politique, Charles Fournier (EELV) et Guillaume Peltier (LR), « nous n’avons pas le temps d’aller au fond des sujets », ajoutait l’élu écologiste. Seul « avantage » de cet après-midi de jeudi tout le monde était au frais, alors que la canicule continuait de grimper à l’extérieur. On aurait pu faire cuire un œuf sur le parvis de la cathédrale ! « Et si l’on vous occupait la clim » lançait provocateur Charles Fournier, une manière de mettre le doigt sur l’un des responsables de l’augmentation de la température extérieure de l’air.

Une session d”été un peu soporifique.
François Bonneau avait donc du couper en deux la poire régionale, dès lors qu’avec certains de ses douze collègues présidents de région, il était reçu à Matignon. Tant devant les élus régionaux que devant la presse ensuite, Français Bonneau a bien fait comprendre que cette rencontre avait été conflictuelle, tant chacun avait campé sur ses positions tant dans le domaine agricole que sur le thème de l’apprentissage.
« Le gouvernement veut recentraliser », a lancé François Bonneau sur le thème qui concerne le fonds destinés à l’agriculture biologique. « L’argument du gouvernement sur l’égalité des territoires ne tient pas », et de prendre l’exemple de l’Occitanie qui touche 30% des fond du Bruxelles et la région Centre-Val-de Loire, 3%. Au plus près du terrain, ces fonds pourraient être mieux dispatchés à travers les filières. En plus de cela l’argent est versé avec des retards considérables (plusieurs années parfois) qui mettent en péril les exploitations.
Quant à l’apprentissage, devenu un maquis indescriptible, les régions ont rappelé leur opposition au financement de l’apprentissage au contrat. François Bonneau a réclamé un fonds de péréquation afin de maintenir des formations en ruralité, notamment pour de nouveaux métiers, dans l’éolien par exemple. Pour les régions l’Etat devrait mettre 250 millions et il ne propose que 138.
1250 bénéficiaires des aides économiques

Présenté par Harold Huwart, vice-président chargé de l’économie, le report sur le développement économique lui a permis de rappeler l’engagement de la région devenu pleinement compétente depuis la loi NOTRe : 37 882 862,52€ d’aides à 1 250 bénéficiaires. Les EPCI sont en nette progression, 1 ,6 millions contre 444 000 en 2017.
Pour sa part Cathy Munch-Masset, vice-présidente de la région, déléguée à l’éducation et à l’apprentissage, a confirmé que, malgré les changements de programme en 1ère et seconde les réformes Blanquer, « menés au pas de charge » et qui « n’ont pas fait l’objet d’une concertation avec les régions », le Centre-Val de Loire poursuit a politique de gratuité des livres scolaires et des équipements informatiques.
A la rentrée, la région leur proposera une aide qui pourra aller de 30 à 350 euros selon les revenus, pour un matériel d’une valeur de 410 euros. La région va en outre expérimenter un nouveau système sans fil baptisé LIFI, qui fonctionne avec des ondes lumineuses non intrusives. Cette proposition a été votée à l’unanimité moins les élus du RN.
Le numérique en question
Pour les écologistes par la voix de Charles Fournier le numérique dans les lycées a fait l’objet de réserves : « nous restons très prudent sur l’extension et exposition aux ondes électromagnétique et sur le caractère durable et recyclable du matériel numérique proposé…ou encore sur l’idéologie qui fait du numérique un outil magique qui va résoudre tous les problèmes de l’enseignement et la formation et de la pédagogie ».
Au final, le compte administratif présenté par Marc Gricourt,a été voté par la majorité avec une absentions des groupe RN et UDC (droite et centre). Pour sa part, toujours par la voix de Charles Fournier, les Verts ont exprimé leur « solidarité » vis-à-vis de ce budget «tout en rappelant qu’il ne nous ressemble pas complètement ». A croire que le bon score de Yannick Jadot aux Européennes, n’a pas fini d’engendrer des ambitions d’indépendance.
Ch.B
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Une école de kiné à Orléans
En autorisant la création d’une 11 ème composante, le Conseil d’Administration de l’Université d’Orléans, à ouvert la voie le 21 juin 2019 à la création de l’Ecole Universitaire de Kinésithérapie de la Région Centre-Val de Loire pour la rentrée de septembre 2019.
Composante dérogatoire de l’Université d’Orléans, l’Ecole Universitaire de Kinésithérapie facilitera le renforcement des relations entre les acteurs du secteur santé en lien avec les deux universités, et permettra de proposer une collaboration pluridisciplinaire de certains apprentissages. La pluridisciplinarité sera également valorisée au mieux dans le secteur de la recherche car les liens et la collaboration avec des structures de recherche labellisées à Orléans comme à Tours ou à l’international seront facilités et permettront d’offrir à nos étudiants la possibilité de suivre un véritable parcours au sein des universités.
Compétence exclusive du Conseil régional, la formation en masso-kinésithérapie permettant de diplômer 90 étudiants chaque année était jusqu’alors déléguée au Centre Hospitalier Régional d’Orléans. l’intégration de la formation de masso-kinésithérapie au sein d’une université est une grande première au plan national.
Concrètement les jeunes kinésithérapeutes se verront délivrer à l’issue de leur formation un Diplôme d’Etat permettant un exercice immédiat ainsi qu’une reconnaissance de 300 crédits européens permettant une poursuite d’études.