« On a gagné, on ne lâche rien », s’exclamait au micro, ce samedi 20 avril, vers 17h, l’un animateurs du mouvement local des gilets jaunes, en donnant ensuite rendez-vous aux manifestants vendredi prochain, à la Bourse du travail, pour une assemblée générale. Une assemblée organisée dans la foulée de l’annonce par Emmanuel Macron des propositions gouvernementales faisant suite au grand débat, et dont peu de participants attendaient réellement beaucoup de choses, ce jour-là, à les entendre.
Le CRIJ bloqué par des gilets jaunes.
Mais, pour l’heure, la victoire annoncée était d’un ordre plus immédiat. Les quelques dizaines de manifestants regroupés devant la porte du CRIJ venaient de gagner leur pari : empêcher une réunion organisée par les jeunes macronistes orléanais sur le thème des élections européennes, animée par l’ancienne ministre Nathalie Loiseau, tête de liste nationale LREM, Renaissance. Elle était là à 16h30, pile à l’heure, mais n’aura fait qu’un bref passage, sans s’arrêter, encadrée par la police, accueillie par une foule vindicative qui lui demandait, tout simplement, de rentrer chez elle, ce qu’elle a fait dix minutes après, annulant de fait la réunion…qu’elle a, au final, tenue en plein air! Mieux valait ne pas insister, évitant ainsi un affrontement aléatoire avec les forces de l’ordre, présentes sur les lieux, dans une rue étroite et très passante, dans le quartier des halles, en ce samedi ensoleillé.
Stéphanie Rist tente le dialogue
Stéphanie Rist tente le dialogue.
Avant l’arrivée de l’intervenante, Stéphanie Rist, députée LREM d’Orléans, avait tenté, en vain, de discuter avec eux, au nom du respect du débat républicain, pour permettre la tenue de la réunion. Dans la foule, peu de temps après, tout en se déclarant non supporters d’Emmanuel Macron, quelques personnes venues pour écouter Nathalie Loiseau en furent pour leurs frais, et regrettaient cette action, jugée peu compatible avec un combat contre une soi-disant dictature. Et souvent illustrée au micro, à l’encontre du chef de l’état, de quelques noms d’oiseaux…
Place Saint-Aignan en plein air
Après Stéphanie Rist, le maire d’Orléans a tenté de raisonner les gilets jaunes, sans plus de succès. Olivier Carré, qui a déclaré son soutien à la liste macroniste, s’est ensuite entretenu avec l’ancienne ministre au Lutétia en face de la cathédrale. Le petit groupe a ensuite essayé de tenir a réunion salle Eiffel déjà occupée. Puis la tête de liste “Renaisssance” au terme de cette partie de cache-cache avec les manifestants, a enfin réussi à placer son discours place Saint-Aignan en plein air..devant une assistance où l’on pouvait remarquer notamment quelques dizaines de jeunes. “C’est une Europe dans laquelle la France retrouve son poids et retrouve sa voix” dira t-elle au terme de ce chassé-croisé.
Nathalie Loiseau, elle, a bien du mal à placer sa voix dans cette campagne.
Jean-luc Bouland
Nathalie Loiseau :
« La France est forte, mais elle ne sera pas forte dans une Europe faible ».
Nathalie Loiseau, place Saint-Aignan.
« Il y a une urgence pour la transition climatique. Si on essaie chacun dans notre coin, ç à ne marchera pas. Ca ne marchera qu’avec un effort européen immense. Il faut faire de l’Europe une puissance verte ».
« Il faut tirer des leçons de ceux qui vont plus vite que nous , tel le Portugal ».
« Il ne faut pas être dépendant des producteurs qui ne sont pas en Europe ».
« Nous devons transmettre à nos enfants des valeurs qui sont les nôtres. Nous devons peser en Europe ».
« Notre liste a été construite avec des hommes et des femmes qui veulent agir ensemble, bien que venant d’horizon politique différents ».
Avec Jihan Chely et Stéphanie Rist.
« L’Ecologie témoignage dans un seul parti, ce n’est pas la solution ».
« Je ne veux pas laisser à la jeunesse un parlement européen où le premier parti de France, c’est le Rassemblement national ».
« Notre liste est une liste qui nous vous ressemble, sui nous ressemble. C’est une liste de français dans leur diversité ».
« On s’est appuyé sur le Grand débat, on a des réponses : sur la justice fiscale, sur la création d’emploi, sur la création de richesse. On y est prêt. On a beaucoup écouté ».
« Quand on sera élu, on continuera à dialoguer sur le terrain, avec les français ».
(Photos Philippe Sevestre)