Président du mouvement socio-politique la France autrement (LaFRA), Gildas Vieira entend peser dans le débat public blésois et loir-et-chérien. Avec en arrière-plan des ambitions affichées pour les Municipales.

À Paris, le 16 mars dernier Gildas Vieira (à dr.)
Le 16 mars dernier à l’occasion de l’acte XIV des Gilets jaunes à Paris, Gildas Vieira a fait la une de BFM et des médias revêtu d’un chasuble jaune. Une position assumée par le 9ème adjoint de Marc Gricourt en charge de la vie associative, des associations et maisons de quartiers. « Je m’associe aux Gilets jaunes sur plusieurs points comme la hausse du pouvoir d’achat ou l’instauration d’une vraie démocratie participative donnant plus de pouvoir au peuple » souligne Gildas Vieira qui a publiquement lancé un appel aux élus locaux pour qu’ils affichent leur soutien.
Courage politique pour certains, récupération pour d’autres. G.Vieira récuse d’emblée cette attaque : « j’ai créé la France autrement il y a 16 mois dans le même esprit. Ni droite ni gauche mais des propositions positives pour faire avancer les choses. Car la France d’aujourd’hui ne me plait pas avec la hausse de la précarité, le recul des services publics, la maltraitance des personnes âgées ou la souffrance dans les quartiers ».
D’abord macroniste, le quadra a très vite pris ses distances face à des mesures (baisse des APL, rétablissement de l’ISF …) jugées trop à droite. « J’ai vu très vite qu’il manquait une aile gauche au programme » insiste-t-il. Culotté, contre l’avis de LREM, il se présente alors aux Sénatoriales de septembre 2019 réalisant un score remarqué (5e avec 88 voix au premier tour) construit à partir d’une campagne de terrain, en ville mais aussi dans le rural.
La création de La France autrement (LaFRA) suivra à l’automne 2017. Objectif bousculer les politiques publiques “déconnectées” et avancer des propositions de bon sens dans différents domaine comme la santé, l’immigration ou l’Europe. Docteur en santé publique, Gildas Vieira ne manque pas d’idées. Celui qui est aussi directeur de Fraps (Fédération régionale des acteurs en promotion de la santé) prend même la plume pour écrire deux longues lettres à E.Macron.
Une liberté de parole parfaitement assumée par l’intéressé qu’il déploie avec modération. Pas de stigmatisation chez Gildas Vieira qui cultive bienveillance, ouverture d’esprit et proximité. Une chaleur toute africaine pour le natif de Brazzaville arrivé à Blois l’âge de 11 ans.
Alors que le Maire de Blois boycotte le Grand débat national, Gildas Vieira et son mouvement y participent activement comme le 28 février dernier, où le public a échangé 3 heures durant sur les 4 thématiques. Autour de la table, une forte délégation de Gilets jaunes, mais aussi le député Modem de la circonscription, Stéphane Baudu ou un cadre blésois de LREM.
« Donner la parole au peuple, c’est l’ADN de laFRA. Toutes les propositions exprimées comme la taxation des GAFA, l’arrêt des pesticides, la reconnaissance du vote blanc ou le décrochage des élections législatives des Présidentielles seront remontées. Nous suivrons de prêt la hiérarchisation des mesures » déclare Gildas Vieira. Revendiquant un positionnement politique au centre-gauche de l’échiquier, l’homme plaide aussi pour une 6ème République et une Europe sociale. Son mouvement travaille d’ailleurs avec le mouvement des progressistes sur le programme soumis aux électeurs pour
La France autrement faiseur de roi ?

LaFRA apporte sa contribution au Grand débat national .
Très active sur les réseaux sociaux, le mouvement revendique 200 adhérents parmi 5000 sympathisants. « Nous avons des personnes ressources dans de nombreuses villes comme Paris, Bordeaux ou Tours. Il y a une dynamique au sein du mouvement qui fédère des citoyens et des personnes de toutes sensibilités. J’ai aussi le soutien de plusieurs élus du Loir-et-Cher dans l’agglomération ou dans des communes rurales » explique Gildas Vieira.
Si ce chiffre peut sembler élevé. Ce qui est sûr, c’est que laFRA est très active et visible dans débat local. Conférences, lancement de pétitions (sur la mort des communes rurales ou la maltraitance des personnes âgées qui a recueilli 700 signatures), présence sur les marchés sans oublier un local, au cœur de Blois rue du Bourg neuf, devenu un véritable lieu de vie où chacun peut se poser pour prendre un café et discuter … difficile d’ignorer l’activisme du mouvement qui organise même des spectacles.
Fort d’une équipe de bénévoles animée par Maria Isabel Garcia, secrétaire générale, bien implanté dans les quartiers nord, le mouvement citoyen devrait donc peser son poids de voix et de projets en mars 2020. « Avec mon comité stratégique (1) et nos adhérents, nous travaillons sur une plateforme projets et nous sortirons un livre avec des idées participatives en septembre prochain. Blois n’a pas envie de droite ou de gauche ; la ville a besoin d’un vrai projet qui soit en cohérence avec nos valeurs » précise Gildas Vieira.
L’ancien stagiaire pro de foot du Mans qui a joué la Coupe d’Afrique des Nations avec le Congo en 2000 (2) n’exclut rien. Il met même les options sur la table : continuer avec Marc Gricourt dont il partage une partie du bilan et avec qui « il discutera en 1er », bâtir sa propre liste ou encore s’associer à d’autres. Evacuant d’un revers ceux qui pensent qu’il roule pour le maire de Blois, il conclut par une pirouette : « c’est vrai que nous sommes courtisés. Les membres de LaFRA auront à se prononcer en juin … pour ma part, je ne cours pas après la réussite électorale ».
J.L Vezon.
- Catherine Levesque, Marc Dumoulin, François Lemaire, Cyril Ouriachi, Benni Vieira et M-Isabel Garcia.
- Franco-congolais, il compte 20 sélections avec les Diables rouges.