En écho au mouvement des Gilets jaunes MagCentre organisait ce mardi soir à Orléans son Grand débat sur le thème : « médias : quelle implication sur la démocratie et la vie citoyenne », devant une cinquantaine de personnes. La soirée était animée par Arnaud Ardoin, ancien rédacteur en chef adjoint de LCP (La Chaîne parlementaire). Le journaliste Olivier Goujon, qui vient de publier « Ces cons de journalistes » est également venu apporter son éclairage.

Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes le 17 novembre dernier, la méfiance envers les journalistes ne cessent de croître parmi les manifestants. Accusés de tous les maux, les « médias », réunis sous ce terme générique, voient leurs pratiques remises en cause. C’est pourquoi MagCentre organisait ce mardi soir à Orléans, une discussion sur le thème : « médias : quelle implication sur la démocratie et la vie citoyenne ». Une cinquantaine de personnes étaient disposées en cercle autour des journalistes Arnaud Ardoin, ancien rédacteur en chef et Olivier Goujon, auteur du livre « Ces cons de journalistes » qui étaient invités pour mener les échanges. Parmi ces participants, journalistes et personnalités politiques locales. Crise de confiance, déontologie, traitement de l’information… Autant de sujets qui ont été traités au cours de la soirée.
« Il y a actuellement l’expression d’une défiance contre notre profession, souligne en introduction Olivier Goujon. Mais quand les Gilets jaunes parlent des journalistes, ils désignent en fait quelques 200 éditorialistes. » Toujours dans le préambule, un étudiant en master métiers de l’accompagnement politique a rappelé les grandes lignes de la loi du 29 juillet 1981 sur la liberté de la presse, qui stipule notamment que « l’imprimerie et la librairie sont libres ». Néanmoins, le métier de journaliste est encadré par une déontologie, était-il rappelé. « Il y a aussi une précarisation du journalisme qui est à l’œuvre, note Olivier Goujon. Il y a une information de plus en plus difficile à aller chercher avec toujours plus de déontologie. »

Sur l’avenir des médias, Arnaud Ardoin a livré son inquiétude. « Il y a aujourd’hui une prédominance du média audiovisuel qui entraîne la crise de la presse papier. Le modèle économique bascule sur le web. » Et puis, les discussions ont été nourries par les interventions des participants. Il a notamment été question de consommation des médias, d’éventuelles connivence des journalistes avec les politiques et des aides de la presse. Au final, le débat aura duré près de deux heures.