Voilà, c’est fait, les calédoniens ont choisi de rester français !
Avec plus de 56,4% des suffrages exprimés, le non à l’indépendance l’a emporté. 43,6% des électeurs ont voté pour le oui.

Magcentre avait organisé à débat à Orléans sur la Nouvelle Calédonie, le 25 octobre.
Dans l’Histoire calédonienne, ce résultat devient une référence car il a été obtenu avec un corps électoral « spécial » définissant une citoyenneté calédonienne, excluant les français de passage et accepté par toutes les parties (Magcentre avait organisé un débat sur ce dossier le 25 octobre).
Voilà donc un choix clair prononcé par des électeurs calédoniens légitimes !
12,8 points séparent les partisans des 2 conceptions si opposées de l’avenir de l’archipel océanien. 12,8 points, c’est peu diront certains. Mais c’est beaucoup pour tout ceux qui ont intérêt à valider le scrutin car il empêche toute contestation. Chargé de veiller à la bonne tenue de la campagne, le comité des sages qui regroupe des personnalités respectées et représentative de la diversité calédonienne n’en demandait pas tant.
L’autre enseignement majeur de cette consultation, c’est le déroulement du vote. Une participation exceptionnelle de plus de 80%. Une grande sérénité partagée par tous les acteurs politiques.
Ce choix incontestable voté par une large majorité de calédoniens concernés par l’ avenir du territoire, c’était l’objectif des « pères fondateurs » signataires des accords de Matignon en 1988. 30 ans après, c’est la démonstration que la société calédonienne a réussi à se maintenir sur chemin de son mancipation.
Le nord et les îles à majorité kanak pour l’indépendance
Cependant, l’analyse plus fine du résultat démontre que les positions n’ont pas réellement bougées dans les 3 Provinces. Le Sud qui regroupe plus la moitié de la population reste massivement contre l’indépendance. Le Nord et les Îles à majorité kanak restent nettement indépendants. Alors, ce résultat donne satisfaction à chacun : les loyalistes obtiennent une large majorité ; les indépendantistes progressent.
Dès l’annonce des résultats, les uns et les autres se sont inscrits immédiatement dans la démarche des accords de Nouméa, « dans un dialogue perpétuel à la recherche d’un consensus », nouvelle preuve de reconnaissance du processus historique engagé.
–« Il faut qu’on ouvre un espace pour construire la Nouvelle Calédonie dans la paix » affirme Philippe Dunoyer, député loyaliste.
–« Nous restons ouverts au dialogue, nous avons ce vote, construisons demain » répond Charles Washetine, indépendantiste.
Le référendum incontestable valide la stratégie gouvernementale qui respecte les accords conclus dans l’ancien monde. Après Michel Rocard et Lionel Jospin, Édouard Philippe s’engage sur le chemin du compromis.
Mais la route est encore longue. Après le dépouillement, quelques voitures ont brûlé chez un concessionnaire dans la zone portuaire. Des caillassages contre les forces de police ont été observés dans le Grand Nouméa. Quelques incidents vite maîtrisés. Ils doivent nous rappeler que certains sont restés au bord du chemin. Que le taux de chômage est très élevé chez les jeunes kanak. Que l’échec scolaire est une réalité en brousse. Que le cours du nickel n’est pas stable.
Ceux qui croient que ce référendum est un aboutissement se trompent.
Philippe Voisin