Législatives Loir-et-Cher 1ère circo : Kenza Belliard, passionaria insoumise

La candidate aux élections législatives des 11 et 18 juin dans la 1ère circonscription de Loir-et-Cher Kenza Belliard, de France insoumise, n’en est pas à sa première campagne électorale. Cette militante écologiste à l’origine, qui a eu le déclic de l’engagement politique en 2002 lorsque Jean-Marie Le Pen accéda au second tour de la Présidentielle se dévoile un peu pour Magcentre. Avec fougue et verve. Passionnée, insoumise.

On l’attendait vêtue de rouge, c’est en style marinière qu’elle accorde l’interview, à la terrasse bruyante d’un café de Blois. Mais une fois les présentations faites (2004, campagne électorale des cantonales à Lyon avec les Verts ; en 2005 : elle rompt avec les Verts suite au référendum du Traité de Lisbonne ; rejoint le Front de gauche en 2012, secrétaire départementale du Parti de gauche 41), elle s’enflamme vite sur les questions qui fâchent : « J’ai toujours eu un intérêt pour les questions écologiques. Mais la déflation, le chômage, la pauvreté, la lente mais sûre dégradation de la condition ouvrière nourrit le FN… » dit-elle en accélérant le débit. Kenza Belliard, 38 ans, mariée et deux enfants « en bas âge » prend-elle soin de préciser, est candidate aux législatives dans la première circonscription de Blois et la Vallée du Cher, pour France insoumise, de Jean-Luc Mélenchon.

Devant les patrons

Il a faut lui reconnaître un certain courage, à cette passionaria blésoise, arrivée en Loir-et-Cher il y a un peu plus de huit ans. Le 13 avril dernier, on l’a vu à la CCI du département exposer, parmi les autres représentants des candidats à la Présidentielle, le programme économique de Jean-Luc Mélenchon devant un parterre de dirigeants, de chefs d’entreprises, de « patrons », dont on ne peut pas vraiment dire qu’ils étaient acquis à la cause mélenchoniste. L’un d’eux, pas vraiment insoumis, loua même publiquement ce courage d’ailleurs… « Vous voyez bien que le patronat n’a rien à craindre de notre programme », dit-elle avec aplomb, « il doit cependant savoir que toutes les injustices, la violence sociale, ne mènent à rien. Ah, bien sûr, si nous sommes élus, ceux qui se gavent se gaveront moins, mais ils partent tellement de haut, ça ira encore pour eux ! ». Elle déplore « la caricature qui est faite pour disqualifier notre message, mais ça n’est pas nouveau pour la classe ouvrière… ».

Dégradation du milieu salarial

Fille de parents ouvriers, d’un grand-père cheminot et d’une grand-mère femme de ménage, cousine d’ouvriers, cette cheffe de projets dans les politiques publiques de l’emploi estime avoir « eu de la chance d’étudier à l’Université. Mais je connais beaucoup de diplômés qui enchaînent intérim, CDD, des vacataires de l’Éducation nationale, des documentalistes éternels remplaçants et qui rament alors qu’ils ont eux aussi étudié. Mes parents ont cru que c’était par l’école qu’on s’en sortait. Mais vu le milieu d’où on vient, à diplôme égal il faut faire plus d’efforts, plus travailler, on n’a pas les bons codes, ni les mêmes postes que les autres ». Elle s’enflamme : « à l’échelle de ma vie j’ai vu la condition se dégrader, même pour les classes moyennes. J’ai vu la dégradation du milieu salarial, qui se croyait jusqu’ici protégé ».

France insoumise : 550.000 adhérents

Au meeting de J-L. Mélenchon à Châteauroux, le 2 avril dernier.

Considérant la campagne électorale comme « une épreuve physique, il y a énormément de choses à porter », elle a choisi de ne pas mettre son travail entre parenthèses durant celle-ci, « je n’ai pas vraiment le choix non plus » dit-elle. « Mais il faut faire un peu plus quand on est femme pour être crédible. La force, chez une femme, avant d’être considéré comme de l’autorité, est souvent vu comme de l’hystérie ». Pas vraiment surprise par les résultats de la Présidentielle dans le territoire blésois, qui a placé France insoumise en tête dans 9 bureaux de vote, et deuxième dans 7 : « on sentait la vague d’adhésion et de sympathie monter depuis le 20 mars », elle ne regrette pas le choix stratégique de JL Mélenchon de ne pas se présenter face à Marine Le Pen à Hénin-Beaumont. « Il y a plus de 550.000 adhésions à France insoumise. En début d’année, on était environ 100.000 », ajoute-t-elle.

La lutte, finale

Si elle est élue, Kenza Belliard portera quelques priorités dès le début de son mandat : « l’abrogation de la loi El Khomri, je ne voterai ni la confiance ni l’habilitation aux ordonnances pour le gouvernement, je demanderai le renforcement des droits des salariés ». En cas de majorité, l’assemblée constituante est toujours au programme, et le « remboursement à 100 % de tous les frais médicaux, et redonner des moyens aux hôpitaux publics ». Sur la question de sa réserve parlementaire, elle est là aussi sans détour : « je discuterai, on verra ensemble ce qu’on en fait et à qui on donne », clôt celle qui est aussi engagée contre le CETA (Accord économique et commercial global entre l’UE et le Canada), l’équivalent du TAFTA avec les États-Unis. « Il suffit qu’un seul parlement en Europe  ne le ratifie pas pour qu’il n’entre pas en vigueur ». Comme le Traité de Lisbonne en 2005 ? « Vous avez raison, ça n’est pas parce qu’on dirait non qu’il n’entrerait pas en vigueur. C’est pour ça qu’il faut être vigilent et continuer à lutter ». La lutte, toujours la lutte, au final…

F.Sabourin.

Kenza Belliard a pour suppléant Jérémie Fassot, 38 ans.

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