Malgré un premier faux pas et un croche-pied qui s’annonce, les six candidats de la République en Marche se sont mis en branle mardi. A Orléans, dans les jardins de la Charpenterie qui dominent la Loire, ils ont affronté leur première prestation médiatique. Ensemble. Et en même temps….

Les six candidats de la République en Marche dans le Loiret.
Sous la houlette d’un entraîneur, cette équipe composée de quatre femmes et de deux hommes a décliné son pedigree et ses convictions macronistes. Un entraîneur, Emmanuel Constantin, qui devait être le candidat de la deuxième circonscription mais qui a été obligé de déclarer forfait. En raison d’un hiatus entre ses fonctions de haut fonctionnaire et sa candidature, “même des personnes très qualifiées”, dit-il de la commission d’investiture, “ne l’ont pas vu”.
Quant au croche pied qui s’annonce, c’est celui de Benoît Lonceint qui se voyait déjà jouer le “plan B” de la République en Marche sur cette 2ème. Or c’est la suppléante d’Emmanuel Constantin, Caroline Janvier, qui a été investie. Alors Benoit Lonceint annonce qu’il sera candidat quand même de la “majorité présidentielle”. “Certains adhérents ont placé leurs ambitions personnelles en avant” a estimé Emmanuel Constantin à ce propos.

Emmanuel Constantin, le référent d’En Marche.
Ce n’est pas de ces couacs, de ces erreurs de débutants, dont Emmanuel Constantin voulait faire le plat de résistance de cette présentation à la presse. Mais bien de candidats pour la plupart inconnus et parfaitement intégrés dans la société et dans leurs territoires Ces six macronistes seront-il portés chacun dans leur circonscription par la dynamique irrésistible qui a envoyé Emmanuel Macron à l’Elysée? Selon les circonscriptions et les implantations des autres candidats, leurs chances paraissent disparates au départ. Si l’on s’en tient, au moins au résultat de la Présidentielle, ce sont dans les 1ère, 6 ème et dans une moindre mesure, dans la 2 ème que les candidats de la REM ont le plus de chance de bouter les sortants hors de l’Assemblée nationale.
En tous cas La République En Marche aura respecté dans le Loiret la répartition entre trois candidats de la “société civile” et trois élus. En revanche la parité femme-hommes n’y est pas puisqu’elles seront quatre candidates sur six.
Ch.B
Revue d’effectifs

Stéphanie Rist (1ère).
1ère circonscription
Stéphanie Rist, 43 ans, rhumatologue depuis 2005, au Centre hospitalier régional d’Orléans, où elle est chef de service et vice-présidente de la CME (Commission médicale d’établissement), mariée trois enfants, elle demeure à Saint Marceau. Elle a rejoint très tôt l’équipe d’Emmanuel Constantin et elle dit, “Les Français ont envie de changements, dans la méthode aussi. Je suis certaine que nous allons pouvoir faire des choses, notamment sur l’accès au soins”.

Caroline Janvier (2 ème).
2 ème circonscription
Caroline Janvier, 35 ans, elle habite Huisseau-sur-Mauves et travaille dans une association de mille salariés qui vient en aide aux handicapés, aux réfugiés. Après des études à Sciences Po Paris, elle a été en poste dans les ambassades de France en Russie et au Kenya. Mariée, trois enfants, elle est loin de partir battue d’avance par Serge Grouard. “Je n’ai pas la même connaissance du territoire mais j’irai avec mes armes. La campagne de la Présidentielle m’a appris beaucoup et ce qui m’a plu, c’est la sincérité dans les échanges”.

Jihan Chelly
3 ème circonscription
Jihan Chelly, 40 ans, née à Gien, deux enfants, professeur d’Anglais au collège de Briare et adjointe au maire pour son deuxième mandat, chargée de l’urbanisme et du développement durable. Dans la campagne et l’élection du Président de la République, elle a retrouvé dit-elle, “l’espoir, l’optimisme, la possibilité de s’investir dans quelque chose de positif.”

Mélusine Harlé (4 ème)
4 ème circonscription
Mélusine Harlé, 44 ans, deux enfants, conseillère municipale à Sainte-Geneviève-des Bois dans le Gâtinais. Durant dix ans, elle a dirigé le programme de l’UNICEF des villes et départements. Elle fait partie d’un think tank, La fabrique Spinoza, et a fondé le “Festival des Insensés”, consultante et formatrice, elle est spécialisée sur l’éducation, a exercé le journalisme et elle est l’auteur de nombreux ouvrages.

David Simonnet (5ème).
5 ème circonscription
David Simonnet, 47 ans, marié deux enfants, dirigeant d’entreprise de chimie fine, Axyntis, qu’il a fondé et qui emploie plus de 450 salariés dont une usine à Pithiviers. Ce diplômé de l’Essec enseigne l’économie à la Sorbonne et il aura comme suppléante, Fabienne Leproux, ajointe, chargée de l’éducation de l’enfance et la jeunesse à la mairie de Fleury-les-Aubrais. Il veut à la fois “favoriser entrepreneuriat” et “ressocialiser les jeunes”, à travers “un engagement citoyen”. Il est venu à la politique parce qu’ Emmanuel Macron “incarne le renouvellement”.

Richard Ramos (6 ème).
6 ème circonscription
Richard Ramos, 49 ans qui est né dans la ZUP de Blois d’un père rapatrié d’Algérie. Celui-ci était adjoint aux Affaire sociales du maire d’alors Pierre Sudreau et il se souvient lorsque ce gaulliste historique sautait le balcon familial pour venir discuter. Vedette d’une émission gastronomique sur France 3, qu’il assaisonne de sa faconde pied noir, Richard Ramos est élu de Fay-aux-Loges et de la communauté des Loges. Membre des instances régionales du Modem, il met notamment en avant son combat sur les cantines scolaires et les circuits courts en faveur des agriculteurs locaux. ” Il ne faut pas opposer ville et campagne”, dit-il, “la stratégie d’En Marche c’est de les faire travailler…en même temps”. Et il n’oublie jamais de préciser aussi, “je joue à la pétanque à l’Argonne depuis trente ans”.