Et maintenant place au 3e tour, avec les législatives. Ce sera l’appel des 11 et 18 juin d’Emmanuel Macron aux électeurs français pour qu’ils lui donnent une majorité à l’Assemblée. Ces “brebis égarées” reviendront-elles vers leurs partis d’origine à gauche et à droite, vers le PS et L.R. en particulier ? Ou la dynamique Macron va t-elle aussi renverser la table dans les circonscriptions ?

Emmanuel Constantin (à gauche), sera probablement candidat d’En Marche ! sur la 2e circonscription.
Encore faudrait-il que les électeurs connaissent un tant soi peu et au plus vite les candidats d’En Marche !. À l’origine, les 577 candidats investis devaient être connus entre les deux tours. Pour des raisons administratives cela n’a pu se faire mais la liste de Jean-Paul Delevoye, le patron de la commission d’investiture et ancien ministre de Jean-Pierre Raffarin, est prête. Elle devrait être dévoilée mercredi ou jeudi. La nouveauté c’est bien mais encore faut-il se faire connaître un minimum des électeurs.
À Les Républicains, malgré les risques d’implosion et l’attraction de la frange juppéiste vers En Marche !, François Baroin tente de composer une majorité de cohabitation. Et pour l’instant, même chez le partenaire de centre droit de l’UDI, peu de fuite vers le camp Macron. Localement, seule Nathalie Kerrien, adjointe au maire d’Orléans à rallié En Marche ! bien avant le premier tour, mais elle le réaffirmait fermement dimanche soir, elle ne sera pas candidate avec l’étiquette Macron. “Par loyauté” dit-elle à l’équipe d’Olivier Carré.
Le Modem avec Richard Ramos sur la 6e ?

Richard Ramos, Modem (chemise blanche), Valérie Corre, Olivier Frézot, à droite Olivier Hicter, France Insoumise et Jean-Marie Boutiflat.
À gauche, le PS n’est pas en meilleur forme mais n’a perdu pour l’instant que quelques élus comme Bertrand Hauchecorne et David Faucon maire de Beaugency. Tant Jean-Pierre Sueur qu’Olivier Frézot, prônent une majorité de “progressistes”. Mais pour se présenter au nom d’Emmanuel Macron ce sera sous la bannière En Marche enregistrée comme telle à la préfecture. Ainsi Valérie Corre (6e) sortante PS qui veut rester fidèle à son investiture d’origine ne sera pas soutenue par En Marche !. Le “mouvement” d’Emmanuel Macron devrait y soutenir le seul candidat Modem du département, en l’occurrence, Richard Ramos, élu de Fay-aux-Loges.
Le scalp de Serge Grouard très convoité

Stéphanie Rist, probable candidate d’En Marche ! sur la 1ère circonscription du Loiret.
Dans le Loiret, comme dans toute la France, la moitié des candidats d’En Marche ! seront des têtes nouvelles issues de la société “civile” et l’autre moitié des élus déjà engagés en politique. Deux noms sont à peu près sûr: sur la deuxième circonscription, chargé d’aller chercher le scalp de Serge Grouard, l’ancien maire L.R. d’Orléans et proche de François Fillon, c’est Emmanuel Constantin, le référent d’Emmanuel Macron sur le Loiret qui s’y collera.
À gauche, Jean-Philippe Grand (EELV) a été investi par le PS et comme tous les écologistes “ne sait plus où il habite”, mais il maintient le principe de sa candidature. “Par respect du suffrage universel, M. Macron doit avoir une majorité. Dès lors, il y a une injonction pour que je rejoigne En Marche, mais je ne change pas d’avis. Je lance un appel à une grande coalition de ceux qui respectent le suffrage universel, des écologistes aux juppéistes. C’est possible sans renier ses valeurs.”
La France Insoumise aura aussi un candidat, Olivier Hicter et pour l’instant le Parti communiste a également le sien, Mathieu Gallois le secrétaire départemental du PC.
La bouteille à l’encre
À droite pour compléter le panel, le PCD (Parti chrétien démocrate) présentera une femme Alix de Courrèges et le Front national Nadine Boisgerault. Une vraie bouteille à l’encre, même si Serge Grouard pour son quatrième mandat partira favori. Dimanche, Emmanuel Macron a additionné les voix des électeurs de François Fillon et Benoit Hamon pour finir à 67%. Au premier tour le 23 avril, François Fillon y avait fait 21,1% et Emmanuel Macron près de 25% ce qui n’est pas un résultat fameux pour Serge Grouard, avec une Marine Le Pen à 20,9%
Stéphanie Rist sur la 1ère du Loiret
Sur la première circonscription, dont le sortant est Olivier Carré (L.R.) mais qui a choisi en raison du cumul de présider la métropole fin juin, Charles-Eric Lemaignen est désigné pour prendre le relais. En Marche ! présentera Stéphanie Rist Bouillon, médecin en rhumatologie à l’hôpital d’Orléans. A gauche, Olivier Jouin partira sous les couleurs du PS, alors que le FN présente Colette Poltarasky (56 ans). C’est sans conteste la circonscription la plus favorable, à priori, pour En Marche !. Emmanuel Macron y a fait 74,6% au second tour et était déjà haut le 23 avril à près de 29%.
Sur les trois autres circonscriptions, 3-4 et 5, le Front national est en embuscade et les scores réalisés le 23 avril et le 7 mai doivent laisser songeur les trois sortants L.R., Claude de Ganay, Jean-Pierre Door et Marianne Dubois. Marine Le Pen y a réalisé dimanche, 42,3%, 46,3% et 43,7%. C’est sur qu’il y a péril en la demeure.
Ch.B
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