Environ 80 agriculteurs sont venus chez Emmanuel Calers, exploitant en polyculture-élevage à Souvigny-en-Sologne, à l’invitation du candidat aux législatives Guillaume Peltier (L.R.), mercredi 15 mars dernier. Une table ronde thématique pour aborder la situation de crise d’une agriculture à bout de souffle, avec des agriculteurs au bord du gouffre. Une table ronde dans une étable, pour faire naître des solutions, car elles existent.

Travail et mérite comme nouvelle grille de lecture des politiques de solidarité, suppression du principe de précaution et remplacement par le principe de responsabilité, et surtout développement massif des circuits de proximité pour les produits locaux, à destination de la restauration collective (cantines scolaires, Ehpad etc.) : les idées du candidat Peltier en campagne à la campagne semblent faire mouche devant le parterre d’agriculteurs loir-et-chériens présents ce soir-là.
Espoir, et inquiétudes
La grange de la ferme de la Maisonnette, à Souvigny-en-Sologne chez l’exploitant en polyculture-élevage Emmanuel Calers et sa femme, était presque trop petite pour accueillir les 80 agriculteurs venus à l’invitation de Guillaume Peltier, maire de Neung-sur-Beuvron, conseiller régional et candidat L.R. aux élections législatives de juin prochain dans la deuxième circonscription de Loir-et-Cher. Des agriculteurs venus pour certains avec leur outil de travail, « en tracteur, parce qu’ils venaient chez un copain, après le boulot », glisse Guillaume Peltier. Des élus municipaux aussi, des représentants syndicaux du monde agricole (FDSEA, Jeunes agriculteurs, etc.), des maires de communes proches ou plus éloignées, deux conseillers départementaux… « C’est un format original », poursuit l’élu solognot. « Depuis un an, on a des demandes pour faire ce genre de rencontre. Soit on fait une réunion publique – mais tout le monde ne vient pas – soit on fait des tables rondes thématiques sur place. Toutes les filières étaient représentées, il y avait tous les syndicats agricoles, et même les non syndiqués ». Un aréopage hétéroclite qui témoigne de la situation de crise de l’agriculture, et des (très) fortes attentes des agriculteurs. « Emmanuel Calers l’a dit d’une formule qui fait sourire : les 35 heures, on les fait chaque semaine, mais en sommeil. Il y avait de la fierté et de l’espoir pendant cette réunion, mais aussi une inquiétude ou une envie de baisser les bras ».
Nourrir 9 milliards de gens en 2050
Alors le candidat aux législatives – qui n’est pas encore élu au Palais-Bourbon, tant l’issue du scrutin des 11 et 18 juin prochains peut réserver des surprises, et peut-être pas des plus drôles – a sorti les arguments qui pourraient séduire le milieu agricole, tenté par le vote extrême droite. « D’abord leur dire que oui, la situation est catastrophique, pas la peine de le nier ou de contourner l’obstacle », tout en demandant à son auditoire de garder un chiffre en tête : « en 2050, nous devrons nourrir 9 milliards d’habitants sur la planète. Cela veut dire que les débouchés de l’agriculture sont considérables ». Bien sûr, il faudra « révolutionner le modèle. Mais vouloir sortir de l’euro et de l’Union européenne serait une folie, d’ailleurs ceux qui étaient là le savent bien ». Petite pique au passage à la candidate FN Mathilde Paris, conseillère régionale et conseillère municipale de Blois, qui elle, fidèle à la ligne du parti de Marine Le Pen, prône le contraire. « Mais une Europe ouverte à tous les vents aux prix dérégulés c’est une folie aussi. Donc il faut changer, s’adapter », ajoute le candidat L.R.
“On était 80 !”
La plupart des agriculteurs présents témoignaient d’une grande première pour eux : participer à une réunion politique. Parmi eux, Frédéric Jaffré, éleveur bovin à La Marolle-en-Sologne. Pour lui, « c’était hyper interactif, tout le monde a pu parler. Guillaume a bien compris les attentes des agriculteurs je pense. Les problèmes de paperasserie, pouvoir vendre à un prix correct et non pas en dessous des coûts de production, etc. Il connaît les inquiétudes, je pense que le fait d’être maire d’une petite commune rurale ça aide. On attendait 30 à 40 personnes, on était 80 ! C’est très rare d’avoir toutes les tendances. Tout le monde était très satisfait », témoigne-t-il. Avant de conclure : « parce que des candidats, il y en a beaucoup, mais des candidats sur le terrain, il y en a beaucoup moins… ».
F.Sabourin.